Europe Écologie / Les Verts ont démarré un processus constituant au printemps, qui doit aboutir à des Assises en novembre.
Le compte-rendu http://www.europe-ecologie.fr/2010/06/23/pour-une-constituante-de-lecologie-politique/ survole ce qui va se passer, des textes ont circulé, mais il y a très peu d’informations en ligne. En tout cas, la méthode à suivre ne semble pas être encore clairement définie.
Dans le même temps, des groupes se constituent, utilisant entre autres le cahier de débat pour diffuser des textes de pré-motion, dans un business as usual de préparation de congrès. Pour eux et pour elles, rien de spécial : la chasse aux signataires et les constitutions de listes de discussion fermées ont déjà commencé ; et le happening « démocratique » aura bien lieu au bout de la route avec un vote en AG de textes qui ne se seront peut-être jamais croisés.
Alors, ce sera juste un autre congrès ? Au contraire, essayons de faire autrement…
Pourquoi est-ce nécessaire ? Une occasion unique s’offre maintenant à nous, que nous l’ayons voulue pour différentes raisons ou que nous lui ayons résisté. Celle d’ouvrir notre processus constituant à la société et d’élargir notre mouvement, non pas seulement aux divers écologistes (terme qu’il faudra définir) mais également aux citoyen‑ne‑s concerné‑e‑s qui ne croient plus en la politique, souvent pour de bonnes raisons.
La réflexion urgente est méthodologique, elle doit précéder les propositions de structuration diverses et variées ainsi que les délimitations prématurées de sous-territoires politiques.
Pour commencer, il faut réhabiliter le concept de consensus. À lire différents compte-rendus, il semble que la discussion au CAP national en soit restée à une opposition stérile entre deux définitions dépassées : petits arrangements entre chefs / unanimité impossible.
Le consensus est un processus démocratique exigeant, et nous en avons besoin.
Nous allons avoir à décider collectivement la réponse à des questions parfois complexes. Ce sont ces trois mots qui exigent la mise en place d’une méthode de consensus : « décider », « collectivement » et « complexe ». Les regroupements de questions sont les suivants :
- Quelles sont les valeurs et principes qui nous rassemblent ?
- Comment allons-nous fonctionner ensemble ?
- Quel sera notre programme ?
- De quelle façon allons-nous continuer à modifier régulièrement le résultat des quatre questions de cette liste ?
C’est la réponse à l’ensemble qui formera notre projet. De nombreux textes seront publiés dans le processus, de nombreux débats vont se tenir. Il faudra résister le plus longtemps possible aux synthèses et désignations de représentant-e-s qui discuteraient en petits comités. Les conséquences seraient en effet de masquer ce qui fait désaccord et d’enkyster des oppositions, et également d’éliminer les idées « à la marge » qui sont souvent les plus innovantes. Il faudra garder le débat ouvert à tou-te-s le plus longtemps possible. Mais il faudra bien aboutir à cette fameuse décision collective, qui ne pourra pas ne pas passer par un vote. Cependant, l’objet du vote et la manière de voter devront être spécifiques à cette approche par consensus que nous voulons.
Nous suggérons de dérouler les activités suivantes :

Débattre
1. Exposer les différents points de vue et les différentes approches quant au résultat à obtenir, laisser les questions et les réponses s’échanger pour que tout puisse être exposé ; c’est le cahier de débat et le premier débat qui s’ensuit.
Ranger
2. Définir un plan général avec des « boîtes » dans lesquelles ranger tous les éléments de débat qui auront été récoltés : valeur, principe, point pour un manifeste, méthode de désignation, élément de programme ne doivent pas être mélangés, même si des connexions peuvent être identifiées.
3. Trier les éléments de propositions et de discussion en les rangeant dans le plan général élaboré précédemment ; juxtaposer les ressemblances et mettre en évidence les différences (expliciter les différences de point de vue) ; adapter le plan si nécessaire.
Vérifier
4. Vérifier auprès de tout-e-s que toutes les propositions ont bien été prises en compte dans le résultat intermédiaire ci-dessus.
Débattre (bis)
5. À partir de ce premier résultat intermédiaire, relancer un nouveau débat et accueillir de nouvelles questions, propositions, arguments, contre-arguments ; c’est absolument nécessaire car le débat précédent aura créé une dynamique et fait émerger de nouveaux points de vue ou en réconcilier d’autres.
Ranger (bis)
6.Ranger les nouveaux éléments de débat.
Vérifier (bis)
7. Vérifier de nouveau que tout a bien été pris en compte.
Décider
8. Dégager les options à tous les niveaux.
9. Lancer une suite de votes préférentiels (preferendum = De Borda modifié), un vote sur chaque groupe d’options.
10. Rédiger et publier le résultat complet et vérifier les accords et désaccords.
Fonctionner
11. Commencer à fonctionner suivant ces règles toutes neuves.
12. Prendre une date peu éloignée dans le temps (six mois, un an ?) pour recommencer.
Ce document-ci ne précise pas les détails du comment.
Cette approche est une suggestion. Elle illustre ce que peut être un véritable processus de consensus. Elle est soumise à ceux et celles qui ont pris la responsabilité d’animer la « constituante de l’écologie politique ».

